OpenAI désactive des comptes ChatGPT utilisés par des réseaux de propagande russes et iraniens

Selon OpenAI, des comptes ChatGPT ont servi à deux campagnes d'influence russe et iranienne via faux centre et faux journalistes.

OpenAI désactive des comptes ChatGPT utilisés par des réseaux de propagande russes et iraniens
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Image d’illustration générée par IA

OpenAI affirme avoir supprimé des comptes liés à deux campagnes d'influence sans lien entre elles, l'une russe et l'autre iranienne, qui ont utilisé ChatGPT dans le cadre d'efforts de propagande politique. L'entreprise a détaillé ses conclusions dans un rapport de sécurité publié jeudi, rapporté par The Record. Les deux opérations ont diffusé leurs messages par des canaux d'apparence indépendante, comme un centre de recherche ou des articles signés, plutôt que de s'appuyer uniquement sur de faux profils sur les réseaux sociaux.

Campagne russe : un centre de recherche qui servait de façade

Au cœur de l'opération russe se trouvait le Social Research Center (SRC). Il se présentait comme une plateforme de recherche sur la diaspora indienne en Amérique latine et sur les liens entre l'Inde et les pays de la région. Selon OpenAI, des agents russes le dirigeaient en réalité sous une identité inventée.

La campagne a également fait appel à des personnes en Amérique latine pour mener des recherches pour le SRC, apparemment sans leur dire qui se cachait derrière. Selon l'évaluation d'OpenAI, ces travailleurs ont agi de bonne foi et ignoraient le lien avec la Russie. Le rapport indique qu'une grande partie des contenus publiés par le SRC ressemblait aux travaux de recherche de ces personnes, et non à des textes générés par une machine.

Selon OpenAI, l'objectif principal de la campagne était de nuire à la position de l'Ukraine en Amérique latine. Certaines actions semblaient aussi viser la politique intérieure de pays comme l'Argentine et la Bolivie.

Le rôle de ChatGPT, tel que le décrit le rapport, a consisté à produire de faux documents confidentiels et des scénarios d'enregistrements audio. Une partie de ces contenus a circulé en ligne. OpenAI précise qu'au moins certaines fausses allégations se sont diffusées assez largement pour donner lieu à des vérifications de faits et à des démentis officiels.

Les responsables

OpenAI n'a pas attribué la campagne à un acteur de menace nommément désigné. L'entreprise indique que les éléments recueillis pointent vers un lien avec un groupe russe appelé Politology, aussi connu sous le nom de La Compania. Ce groupe a été présenté comme le successeur des opérations d'influence associées feu Evgueni Prigojine et au groupe Wagner.

Les opérateurs ont écrit à ChatGPT principalement en russe et semblaient travailler depuis la Russie. OpenAI bloque l'accès à ses modèles depuis ce pays ; ils ont donc utilisé des VPN pour accéder à ses services.

Campagne iranienne : sept journalistes inventés

L'opération iranienne a créé sept faux profils de journalistes et les a utilisés pour proposer à des médias en ligne des articles sur le conflit entre les États-Unis et l'Iran. OpenAI a identifié près de 100 articles publiés, ou republiés, sous ces noms dans une douzaine de sites environ. La plupart étaient des sites de taille petite ou moyenne, spécialisés dans les affaires internationales, la géopolitique et le Moyen-Orient. OpenAI n'a pas nommé ces sites.

Le rapport situe le premier article identifié en juillet 2025 et le plus récent en octobre 2026.

ChatGPT a aidé les opérateurs à peaufiner des textes longs, à rédiger des propositions adressées aux rédacteurs en chef et à préparer des rapports internes. Ils s'en sont aussi servis pour générer des lots de commentaires sur les réseaux sociaux, en anglais et en persan, portant sur des sujets politiques et géopolitiques.

Ces commentaires ont peu circulé, avec peu de mentions « j'aime », de vues ou de réponses. Les médias qui ont publié les articles étaient une autre affaire : certains avaient un lectorat important, et OpenAI indique que l'un d'eux comptait près de deux millions d'abonnés sur Facebook.

OpenAI indique que les comptes semblaient provenir d'Iran, qu'ils ont surtout sollicité le modèle en persan et qu'ils se sont connectés via des VPN. L'entreprise n'a pas nommé les personnes ou les organisations responsables.

Ce que les deux cas ont en commun

Dans les deux cas, les opérateurs ont construit ou emprunté un vernis d'indépendance : d'un côté un centre d'étude à l'allure de think tank, de l'autre des signatures de pigistes dans de vraies publications. OpenAI résume le schéma en affirmant que ces opérations « ressemblaient fortement aux opérations d'influence complexes de l'ère pré-IA », l'IA ayant facilité une partie du travail.

Les usages de ChatGPT rapportés diffèrent selon les cas. Les opérateurs russes s'en sont servis pour fabriquer de faux documents confidentiels et des scripts audio, alors que les travaux publiés par le SRC semblent avoir été en grande partie rédigés par des humains. Les opérateurs iraniens l'ont utilisé pour la relecture, la rédaction de propositions, les rapports internes et la génération de commentaires multilingues.

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Sources

Cet article est une réécriture originale fondée sur les sources ci-dessous.

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