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Le FBI interrompt QScan et QTRouter, le réseau chinois qui dissimulait les attaques contre les infrastructures américaines
Le FBI interrompt le réseau chinois QScan et QTRouter qui masquait des cyberattaques sur les infrastructures américaines critiques.
Texte généré par intelligence artificielle, publié sans relecture humaine. Transparence IA
Le ministère de la Justice des États-Unis a annoncé mercredi l’interruption de deux plateformes de piratage exploitées par des acteurs de la menace chinois. Les plateformes, QScan et QTRouter, étaient utilisées pour cibler des infrastructures critiques et des réseaux sensibles aux États-Unis. L’action judiciaire a saisi les domaines intégrés dans les deux produits, entraînant l’arrêt de leurs opérations.
Qui se cache derrière : QTFY et la société écran de Nankin
L’activité est attribuée à QTFY, un groupe étatique chinois employé par la société Nanjing Xinjiuwei Network Technology Company. Selon Damon Rouse, chercheur chez Lumen Black Lotus Labs, QTFY est actif depuis mai 2018. Lumen suit le groupe depuis plus de 18 mois et a commencé à collaborer avec le FBI il y a environ un an.
La société de Nankin compte parmi ses clients le ministère de la Sécurité d’État chinois et l’Armée populaire de libération. Elle inclut d’anciens membres de l’APL et exploite leurs contacts pour obtenir des contrats liés au ciblage d’infrastructures critiques. QTFY a également participé à des réseaux chinois d’intermédiation indépendante pour acquérir et revendre des exploits et des accès à des réseaux victimes.
Le directeur du FBI, Kash Patel, a déclaré que les outils étaient utilisés par des cyberacteurs de la République populaire de Chine pour masquer l’origine des attaques. Lumen indique que le ciblage a concerné le monde occidental et au-delà, avec un intérêt particulier pour le monde universitaire et la recherche.
Les victimes : NASA, Réserve fédérale, Sénat et un système électoral
Parmi les victimes de cette activité intrusive figurent la NASA, la Réserve fédérale, le département de l’Énergie, le département de la Justice, le département de la Santé et des Services sociaux, les National Institutes of Health et le Sénat des États-Unis. Des attaques récentes, jusqu’en juin 2026, ont également visé un système électoral américain.
L’infrastructure a permis aux opérateurs de masquer l’origine des intrusions en mélangeant le trafic malveillant avec le trafic légitime de proxys commerciaux et d’appareils IoT compromis. Cela a rendu difficile pour les défenseurs d’identifier et de tracer cette activité.
L’architecture technique : QScan, QTRouter et la « boîte relais opérationnelle »
QScan effectue des analyses et des infections automatiques d’appareils IoT dans le monde entier, les ajoutant au réseau QTRouter. Les domaines saisis étaient intégrés en dur dans les deux produits. Parmi eux figurent qt-proxy[.]org, mq-task.qt-proxy[.]org et mq-result.qt-proxy[.]org. Les deux premiers fournissaient des tâches d’analyse à des nœuds travailleurs hébergés sur des serveurs loués en dehors de la Chine ; le troisième recevait les tâches terminées.
QTRouter est un réseau d’obscurcissement du trafic fonctionnant sur des routeurs équipés d’un micrologiciel OpenWrt personnalisé. Il s’authentifie auprès des serveurs d’administration www.qtproxy[.]xyz et securelink.qtproxy[.]xyz et utilise Clash pour établir des connexions proxy. Le réseau comprend des appareils compromis, des services proxy commerciaux et des serveurs privés virtuels loués. Il permet d’enchaîner les nœuds et de mélanger le trafic malveillant avec le trafic légitime.
Les botnets d’appareils compromis sont contrôlés via trois plateformes : Proxy Platform Management, Proxy Pool Management System et QTBotnet. QTBotnet comprend un serveur de contrôle, des serveurs de contrôle de deuxième niveau et des appareils compromis. Le serveur de contrôle peut lancer des attaques DDoS et exécuter des commandes sur les nœuds infectés.
L’architecture distribuée comprend également Fast Labyrinth, une couche opérationnelle qui intègre une infrastructure proxy commerciale telle que Fastlink (fastlink.ws) dans un réseau de relais chiffré avec QTRouter. QTProxy gère les nœuds opérationnels de Fast Labyrinth et permet aux opérateurs d’utiliser des relais préconfigurés ou des chemins uniques vers les entités cibles.
Lumen compare l’ensemble à une « boîte relais opérationnelle » : un maillage décentralisé d’appareils IoT infectés et de VPS loués qui achemine le trafic malveillant via des adresses IP tournantes. Cela contourne les listes de blocage et les politiques de géolocalisation. Comme les circuits de transit sont obtenus par des abonnements légitimes à des services proxy commerciaux, les blocages statiques traditionnels ne suffisent plus.
Le cycle d’attaque et les vulnérabilités exploitées
Selon le FBI, le cycle d’attaque se déroule en quatre phases. D’abord, QScan effectue la reconnaissance contre les réseaux victimes. Ensuite, des vulnérabilités zero-day et N-day sont exploitées pour obtenir l’accès initial. Vient ensuite la persistance au moyen de chevaux de Troie d’accès à distance, de shells web et d’identifiants légitimes. Enfin, QTRouter permet d’accéder au réseau victime depuis des appareils IoT compromis à proximité, en passant sous les radars.
Les vulnérabilités zero-day citées sont au nombre de trois, toutes dans des appliances Ivanti CSA :
- CVE-2024-8190 – injection de commandes OS dans Ivanti Cloud Services Appliance 4.6 Patch 518 et versions antérieures. CVSS 7.2. Nécessite des privilèges administrateur pour l’exécution de code à distance.
- CVE-2024-8963 – traversée de chemin dans Ivanti CSA avant le Patch 519 de la version 4.6. CVSS 9.4. Un attaquant distant non authentifié peut accéder à des fonctionnalités restreintes.
- CVE-2024-9380 – injection de commandes OS dans la console web d’administration d’Ivanti CSA avant la version 5.0.2. CVSS 7.2. Nécessite des privilèges administrateur pour l’exécution de code à distance.
Les N-day exploitées incluent :
- CVE-2018-13379 dans Fortinet SSL-VPN (FortiOS 6.0.0–6.0.4, 5.6.3–5.6.7, 5.4.6–5.4.12 et FortiProxy 2.0.0, 1.2.0–1.2.8, 1.1.0–1.1.6, 1.0.0–1.0.7). Un attaquant non authentifié peut télécharger des fichiers système via des requêtes HTTP sur le portail SSL VPN.
- CVE-2019-19781 dans Citrix ADC et Gateway 10.5, 11.1, 12.0, 12.1 et 13.0. Traversée de répertoire.
- CVE-2021-26855 dans Microsoft Exchange Server 2013. Exécution de code à distance.
- CVE-2020-5902 dans F5 BIG-IP, CVE-2019-10068 dans Kentico CMS, CVE-2021-44228 dans Apache Log4j, CVE-2023-22515 dans Atlassian Confluence, CVE-2024-24919 dans Check Point Quantum Gateway, CVE-2025-31161 dans CrushFTP et CVE-2026-1731 dans BeyondTrust Remote Support.
Pour les CVE listées au-delà des trois premières, les versions exactes n’ont pas été communiquées par le FBI. Toutes les CVE détaillées ont des scores CVSS v3 compris entre 7,2 et 9,8 ; plusieurs sont critiques et permettent l’exécution de code à distance, la traversée de chemin ou un accès non autorisé.
Vulnérabilités dans le catalogue KEV : échéances et actions
De nombreuses CVE citées figurent dans le catalogue Known Exploited Vulnerabilities de la CISA. Les dates d’ajout et les échéances de remédiation pour les agences fédérales américaines sont les suivantes :
- CVE-2018-13379, CVE-2019-19781 et CVE-2021-26855 : présentes dans le KEV depuis le 3 novembre 2021, échéance au 3 mai 2022. Toutes trois sont utilisées dans des campagnes de ransomware.
- CVE-2019-10068 : présente dans le KEV depuis le 25 mars 2022, échéance au 15 avril 2022.
- CVE-2020-5902 : présente dans le KEV depuis le 3 novembre 2021, échéance au 3 mai 2022. Utilisée dans des campagnes de ransomware.
- CVE-2024-8190 : présente dans le KEV depuis le 13 septembre 2024, échéance au 4 octobre 2024.
- CVE-2024-8963 : présente dans le KEV depuis le 19 septembre 2024, échéance au 10 octobre 2024.
- CVE-2024-9380 : présente dans le KEV depuis le 9 octobre 2024, échéance au 30 octobre 2024.
Pour les trois vulnérabilités Ivanti CSA, la CISA indique une action spécifique : comme Ivanti CSA 4.6.x a atteint la fin de vie, les utilisateurs doivent retirer CSA 4.6.x du service ou migrer vers la ligne 5.0.x prise en charge. Les futures vulnérabilités sur la 4.6.x ne recevront probablement plus de correctifs de sécurité.
Les trois premières CVE sont utilisées dans des campagnes de ransomware. Leur correction est donc prioritaire même en dehors du périmètre fédéral.
Ce que doivent faire les organisations
Les actions immédiates dépendent des produits exposés. Pour les CVE du catalogue KEV, l’indication générale est d’appliquer les mises à jour de l’éditeur. Pour Ivanti CSA 4.6.x, la mesure d’atténuation requise est le retrait du service ou la mise à niveau vers la ligne 5.0.x. Les échéances fédérales sont déjà dépassées, mais les organisations privées devraient les traiter comme référence pour établir leurs priorités.
Le FBI a interrompu les domaines principaux, mais les défenseurs ne doivent pas baisser la garde. L’infrastructure distribuée de QTFY peut être reconstruite sur de nouveaux domaines. Lumen souligne la forte industrialisation des opérations cybernétiques chinoises : le passage de configurations fragmentées à des réseaux multi-locataires partagés permet des campagnes complexes avec un fort anonymat, une grande rapidité et une échelle mondiale.
Il ne s’agit pas d’un cas isolé. Au cours des 90 derniers jours, la CVE-2026-10520 est également entrée dans le catalogue KEV ; elle implique les mêmes éditeurs présents dans cette campagne : Ivanti, Kentico et Citrix. Cette séquence indique une pression constante sur les appliances en périphérie et les solutions d’accès à distance. Les responsables de ces produits doivent vérifier les versions, appliquer les correctifs et retirer les systèmes non pris en charge.
Sources
Cet article est une réécriture originale fondée sur les sources ci-dessous.
CVE traitées dans cet article
- CVE-2026-10520CRITICAL10.0An OS Command Injection vulnerability in Ivanti Sentry before the R10.5.2, R10.6.2 and R10.7.1 versions allows a remote unauthenticated user to achieve root-level remote code execution
- CVE-2021-44228CRITICAL10.0Apache Log4j2 2.0-beta9 through 2.15.0 (excluding security releases 2.12.2, 2.12.3, and 2.3.1) JNDI features used in configuration, log messages, and parameters do not protect against attacker controlled LDAP and other JNDI related endpoints. An attacker who can control log messages or log message p
- CVE-2026-1731CRITICAL9.8BeyondTrust Remote Support (RS) and certain older versions of Privileged Remote Access (PRA) contain a critical pre-authentication remote code execution vulnerability. By sending specially crafted requests, an unauthenticated remote attacker may be able to execute operating system commands in the co
- CVE-2025-31161CRITICAL9.8CrushFTP 10 before 10.8.4 and 11 before 11.3.1 allows authentication bypass and takeover of the crushadmin account (unless a DMZ proxy instance is used), as exploited in the wild in March and April 2025, aka "Unauthenticated HTTP(S) port access." A race condition exists in the AWS4-HMAC (compatible
- CVE-2023-22515CRITICAL9.8Atlassian has been made aware of an issue reported by a handful of customers where external attackers may have exploited a previously unknown vulnerability in publicly accessible Confluence Data Center and Server instances to create unauthorized Confluence administrator accounts and access Confluenc
- CVE-2019-10068CRITICAL9.8An issue was discovered in Kentico 12.0.x before 12.0.15, 11.0.x before 11.0.48, 10.0.x before 10.0.52, and 9.x versions. Due to a failure to validate security headers, it was possible for a specially crafted request to the staging service to bypass the initial authentication and proceed to deserial
- CVE-2019-19781CRITICAL9.8An issue was discovered in Citrix Application Delivery Controller (ADC) and Gateway 10.5, 11.1, 12.0, 12.1, and 13.0. They allow Directory Traversal.
- CVE-2020-5902CRITICAL9.8In BIG-IP versions 15.0.0-15.1.0.3, 14.1.0-14.1.2.5, 13.1.0-13.1.3.3, 12.1.0-12.1.5.1, and 11.6.1-11.6.5.1, the Traffic Management User Interface (TMUI), also referred to as the Configuration utility, has a Remote Code Execution (RCE) vulnerability in undisclosed pages.
- CVE-2024-8963CRITICAL9.4Path Traversal in the Ivanti CSA before 4.6 Patch 519 allows a remote unauthenticated attacker to access restricted functionality.
- CVE-2018-13379CRITICAL9.1An Improper Limitation of a Pathname to a Restricted Directory ("Path Traversal") in Fortinet FortiOS 6.0.0 to 6.0.4, 5.6.3 to 5.6.7 and 5.4.6 to 5.4.12 and FortiProxy 2.0.0, 1.2.0 to 1.2.8, 1.1.0 to 1.1.6, 1.0.0 to 1.0.7 under SSL VPN web portal allows an unauthenticated attacker to download system
- CVE-2021-26855CRITICAL9.1Microsoft Exchange Server Remote Code Execution Vulnerability
- CVE-2024-24919HIGH8.6Potentially allowing an attacker to read certain information on Check Point Security Gateways once connected to the internet and enabled with remote Access VPN or Mobile Access Software Blades. A Security fix that mitigates this vulnerability is available.
- CVE-2024-9380HIGH7.2An OS command injection vulnerability in the admin web console of Ivanti CSA before version 5.0.2 allows a remote authenticated attacker with admin privileges to obtain remote code execution.
- CVE-2024-8190HIGH7.2An OS command injection vulnerability in Ivanti Cloud Services Appliance versions 4.6 Patch 518 and before allows a remote authenticated attacker to obtain remote code execution. The attacker must have admin level privileges to exploit this vulnerability.
