Anthropic élargit l’accès à certaines capacités de Claude pour les défenseurs vérifiés, alors que les failles de Glasswing sont exploitées

Anthropic élargit l'accès Claude pour défenseurs vérifiés avec moins de garde-fous, alors que VulnCheck signale des failles Glasswing exploitées.

Anthropic élargit l’accès à certaines capacités de Claude pour les défenseurs vérifiés, alors que les failles de Glasswing sont exploitées
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Image d’illustration générée par IA

Anthropic élargit son Cyber Verification Program (CVP) en donnant à des équipes de cybersécurité approuvées accès à certains modèles Claude avec moins de garde-fous et de classificateurs de blocage. Le programme couvre la recherche défensive, les tests d’intrusion autorisés et, pour un groupe plus restreint, les tests des systèmes de sécurité.

Cette annonce accompagne la déclaration d’Anthropic selon laquelle Project Glasswing a permis d’identifier au moins 129 000 vulnérabilités logicielles confirmées entre avril et juillet 2026. L’entreprise a également fait état de 5 500 autres vulnérabilités confirmées, détectées lors d’analyses de logiciels open source entre avril et octobre 2026.

Ces chiffres proviennent de l’entreprise et n’ont pas été confirmés de manière indépendante dans les informations disponibles. Une analyse plus ciblée, attribuée au chercheur de VulnCheck Patrick Garrity, a porté sur 300 vulnérabilités attribuées à Anthropic ou à Project Glasswing. Elle indique que deux d’entre elles — CVE-2026-26980 et CVE-2026-61500 — ont été exploitées dans la nature.

Le rapport consacré à l’annonce d’Anthropic la date uniquement du « mardi », sans préciser de date calendaire. Les dates de découverte, de divulgation et d’exploitation de chaque vulnérabilité ne sont pas non plus indiquées.

Trois niveaux d’accès pour les activités de défense, de red team et de sécurité

Le CVP élargi comporte trois niveaux, chacun correspondant à une catégorie précise d’activités de cybersécurité autorisées.

Accès défense : réponse aux incidents, rétro-ingénierie de logiciels malveillants, analyse et validation des vulnérabilités.

Accès red team : mêmes cas d’usage défensifs, auxquels s’ajoutent les tests d’intrusion autorisés et les opérations de red team.

Accès spécialisé : niveau assorti du moins de garde-fous. Anthropic indique qu’il est réservé à un nombre limité d’organisations vérifiées et autorisées à tester des systèmes de sécurité.

Chaque niveau donne accès à Claude Opus 5.5, Claude Sonnet 5.5 et Claude Mythos 5.1, ainsi qu’aux futurs modèles. L’accès reste soumis à une vérification et à des contrôles propres à chaque niveau : le programme ne supprime pas de manière générale les restrictions de Claude en matière de cybersécurité.

Anthropic décrit les capacités des modèles en cybersécurité comme étant à double usage. L’entreprise entend les mettre à la disposition d’un plus grand nombre de défenseurs pour les aider à sécuriser les systèmes, tout en reconnaissant que des acteurs malveillants pourraient détourner des technologies similaires.

Une évaluation de 50 tâches mesure la fréquence d’intervention des garde-fous

Selon une évaluation menée avec CyScenarioBench, les garde-fous ont bloqué 46 tâches sur 50 lorsque Claude Opus 5.5 fonctionnait avec l’Accès défense.

Avec l’Accès red team, aucune tâche n’a été bloquée et le modèle en a accompli 34 sur 50. Le taux d’exécution était identique à celui obtenu sans aucun garde-fou. Sans accès au CVP, les 50 tâches ont été bloquées dès la première requête.

Les sources disponibles ne précisent pas qui a réalisé l’évaluation. Anthropic a cité ces résultats pour justifier un accès plus large au profit des défenseurs vérifiés, mais les éléments fournis ne permettent ni de reproduire l’évaluation de manière indépendante ni de déterminer comment les modèles se comporteraient avec d’autres outils, cibles ou conditions opérationnelles.

Les chiffres mesurent par ailleurs plusieurs résultats distincts. Une tâche qui n’a pas été bloquée n’a pas nécessairement été accomplie : avec l’Accès red team, les 50 tâches ont pu être lancées, mais Claude Opus 5.5 en aurait accompli 34.

Les chiffres globaux de Glasswing et l’échantillon de VulnCheck ne mesurent pas la même chose

Anthropic affirme que Project Glasswing a permis de détecter au moins 129 000 vulnérabilités confirmées entre avril et juillet 2026. L’entreprise attribue par ailleurs 5 500 autres vulnérabilités confirmées à des analyses de logiciels open source menées entre avril et octobre 2026.

Ces chiffres correspondant à des activités et à des périodes différentes, il ne faut pas les additionner automatiquement. Ces périodes ne désignent pas les dates de découverte, de divulgation ou d’exploitation d’une vulnérabilité en particulier.

Anthropic indique également que plus de 33 000 vulnérabilités confirmées ont été classées comme critiques ou de gravité élevée. Ce chiffre repose uniquement sur les réponses à une enquête menée auprès d’une partie des partenaires de Glasswing. L’entreprise estime que l’impact réel pourrait être au moins cinq fois supérieur, mais ni le décompte ni cette projection ne sont confirmés de manière indépendante par les éléments fournis.

L’analyse de Garrity pour VulnCheck, dont la publication est située uniquement « à la fin du mois dernier », porte sur un échantillon plus restreint de 300 vulnérabilités attribuées à Anthropic ou à Project Glasswing. Selon cette analyse, 39 étaient classées comme critiques, 141 comme élevées, 81 comme moyennes et 18 comme faibles.

Ces catégories de gravité totalisent 279 vulnérabilités : le détail fourni ne rend donc pas compte de 21 des 300 entrées. La source n’explique pas leur statut.

VulnCheck a signalé l’exploitation dans la nature de deux vulnérabilités sur les 300, soit 0,67 % de l’échantillon. Ce pourcentage ne concerne pas l’ensemble des vulnérabilités visées par les déclarations plus générales d’Anthropic sur Glasswing. Par ailleurs, la confirmation d’une vulnérabilité ne suffit pas à démontrer que des attaquants peuvent l’exploiter dans des conditions réelles de déploiement.

Les installations de Ghost de la version 3.24.0 à la version 6.19.0 doivent être mises à jour

L’une des deux vulnérabilités qui auraient été exploitées, CVE-2026-26980, affecte le système de gestion de contenu Ghost, basé sur Node.js.

La NVD considère comme vulnérables les versions de Ghost allant de 3.24.0 à 6.19.0. Un attaquant distant non authentifié peut exploiter cette faille pour effectuer des lectures arbitraires dans la base de données de l’application. La vulnérabilité a un score CVSS v3 de 9.4 et est classée CWE-89.

Son vecteur est le suivant :

CVSS:3.1/AV:N/AC:L/PR:N/UI:N/S:U/C:H/I:H/A:L

L’article de presse décrit CVE-2026-26980 comme une injection SQL. L’entrée NVD fournie indique la capacité qui en résulte — la lecture arbitraire de la base de données sans authentification — et lui attribue la classification CWE-89.

Ghost a corrigé le problème dans la version 6.19.1. Les opérateurs qui utilisent une version comprise entre 3.24.0 et 6.19.0 devraient passer à la version 6.19.1 et vérifier si le service vulnérable était accessible depuis des réseaux non fiables.

Selon les sources citées, la vulnérabilité a été exploitée dans la nature. Toutefois, les informations disponibles ne fournissent ni indicateurs de compromission associés, ni détails sur les victimes, ni attribution à un acteur malveillant. Cette limite concerne uniquement les éléments examinés ici et ne permet pas de conclure que de telles informations n’ont pas été publiées ailleurs.

HFS de Rejetto peut exposer sa clé de signature des cookies

L’autre faille qui aurait été exploitée, CVE-2026-61500, affecte les versions 3.0.0 à 3.2.0 de Rejetto HFS.

HFS dérive la clé servant à signer les cookies de session à partir du générateur non cryptographique Math.random(). Lors de la connexion, le serveur révèle également aux clients non authentifiés des valeurs produites par ce générateur.

Un attaquant distant peut recueillir quelques réponses de connexion et reconstituer l’état du générateur. Il peut alors retrouver la clé de signature et créer un cookie de session administrateur valide.

Une session d’administration falsifiée peut donner un accès administrateur complet et permettre l’exécution de code à distance via la fonctionnalité de configuration server_code. La vulnérabilité a un score CVSS v3 de 9.8, est classée CWE-338 et possède le vecteur suivant :

CVSS:3.1/AV:N/AC:L/PR:N/UI:N/S:U/C:H/I:H/A:H

La description NVD fournie ne mentionne ni version corrigée ni mesure d’atténuation. Cela ne prouve pas qu’aucun correctif n’existe ; cela signifie que l’entrée citée ne permet pas de l’établir. Les opérateurs qui utilisent Rejetto HFS 3.0.0 à 3.2.0 devraient recenser les instances exposées et consulter les recommandations actuelles de l’éditeur avant de décider des mesures correctives à prendre.

Les informations fournies ne mentionnent ni le statut de ces CVE dans le catalogue Known Exploited Vulnerabilities de la CISA ni de date limite de mise en conformité fixée par l’agence. Cette omission ne permet pas de conclure que ces vulnérabilités figurent ou non dans le catalogue KEV.

Les vulnérabilités détectées avec l’aide de l’IA doivent être validées et corrigées de manière sécurisée

Les chiffres de Glasswing portent sur la détection de vulnérabilités, tandis que l’échantillon de VulnCheck concerne les cas d’exploitation signalés. Ces mesures sont liées, mais distinctes : un grand nombre de vulnérabilités détectées ne signifie pas qu’il existe autant de pistes d’attaque exploitables en pratique.

Le code et les correctifs générés par l’IA peuvent eux aussi introduire des failles de sécurité. Veracode indique qu’environ 44 % des tâches de génération de code par l’IA réalisées lors de ses tests ont introduit une vulnérabilité à risque. L’entreprise a calculé un taux moyen de réussite aux tests de sécurité de 56 %, contre 55 % dans son premier rapport, tout en signalant une hausse du volume de code généré par l’IA intégré aux chaînes de développement.

Il s’agit des résultats de Veracode. Les éléments fournis ne détaillent pas la méthodologie sous-jacente ni le périmètre de l’étude, et ne permettent donc pas de généraliser ces chiffres à l’ensemble des modèles, langages et environnements de développement.

Pour les équipes de sécurité, les priorités immédiates sont plus ciblées : mettre Ghost à jour vers la version 6.19.1 lorsque CVE-2026-26980 est concernée, recenser les déploiements Rejetto HFS affectés et suivre les recommandations de correction en vigueur pour CVE-2026-61500. L’IA peut accélérer la détection, mais la gravité, la reproductibilité, l’exposition et les preuves d’exploitation restent déterminantes pour évaluer le risque opérationnel.

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Sources

Cet article est une réécriture originale fondée sur les sources ci-dessous.

CVE traitées dans cet article

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